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PORTRAIT #2 : Lauren Wasser, survivante du Syndrome du Choc Toxique

Posté par Anaïs Koopman le
PORTRAIT #2 : Lauren Wasser, survivante du Syndrome du Choc Toxique

Dans l'article “Éviter le syndrome du choc toxique : les do’s et don'ts”, on avait mentionné l’histoire de Lauren Wasser. Lauren Wasser, c’est ce mannequin ultra-impressionnant, dont la vie a basculé à jamais... à cause d’un tampon.

Depuis ce jour, Lauren Wasser court deux marathons : celui de sa nouvelle vie, malgré tout, et celui de la lutte contre les dangers des protections hygiéniques internes (tampons hygiéniques, coupes menstruelles).

Cette femme a un parcours tellement impactant et tant de force en elle qu’on ne pouvait pas s’arrêter là. Alors, retour sur une histoire de vie hors-pair... et sur une immense paire d'ovaires !

Le choc 🩸

Lauren Wasser

Photo : @theimpossiblemuse

En 2012, l’Américaine Lauren Wasser a 24 ans et est mannequin. Un jour, alors qu’elle porte un tampon, elle contracte un syndrome du choc toxique à un niveau tel, qu’elle frôle la mort.

Pour rappel, le syndrome du choc toxique, c’est une maladie infectieuse due à la présence d’une bactérie dans la flore vaginale de certaines personnes menstruées. À la base, elle n’est pas dangereuse. Elle peut le devenir si :
-une personne menstruée abrite dans son vagin un staphylocoque doré producteur d’une toxine spécifique (= la TSST-1),
-a ses règles
-et a gardé une protection menstruelle intravaginale (tampon ou cup menstruelle) trop longtemps.

Retour à Lauren Wasser. Au début, elle a les symptômes de la grippe et ne fait pas forcément le lien avec son tampon (en même temps “à l’époque”, qui connaît le SCT ? Pas grand monde…). Puis, sa fièvre monte et soudainement, elle se sent extrêmement fatiguée et finit par subir non pas une mais deux crises cardiaques.

Alors, on la conduit d’urgence à l'hôpital, où les docteurs estiment ses chances de survie à 1%. Elle est plongée dans un coma artificiel, et se réveille une semaine et demie plus tard. Si Lauren Wasser survit miraculeusement, c’est avec une jambe en moins.

I’m The Girl with the Golden Legs”🩸🩸

Lauren Wasser

Lauren Wasser en 2017 pour StyleLikeu, avant de perdre sa deuxième jambe.

Au média Document Journal, elle explique qu’après son amputation, elle est restée dans un fauteuil roulant pendant huit mois, qu’on a dû lui raser la tête et qu’elle a eu le sentiment qu’on lui avait retiré toute son identité.

Elle confie : “J’ai essayé de me suicider parce que je ne croyais pas que je pourrais redevenir qui j'étais avant. Je ne croyais pas que je serais de nouveau aimée. Je ne savais pas si quelqu’un pourrait me regarder de nouveau un jour. J’ai dû me reconstruire de l’intérieur. ”

Six ans plus tard, en 2018, Lauren Wasser est toujours debout, même si cette année-là, c’est sa jambe gauche qu’on lui enlève. Alors, le modèle aux deux prothèses dorées (elle confie à Paris Match que les dents en or des rappeurs l’ont toujours inspirées) devient “The Girl with the Golden Legs”. Elle devient aussi et surtout un vrai porte-parole pour la santé des personnes menstruées

De top-model à modèle d’activisme 🩸🩸🩸

Lauren Wasser Shiseido

Lauren Wasser en campagne pour Shiseido.

Suite à ce qui lui est arrivé, Lauren Wasser a tout fait pour continuer à vivre “comme avant” : elle est restée dans le milieu du mannequinat (elle est notamment le nouveau visage de Shiseido) et est devenue un modèle, un vrai. Non pas seulement un modèle de mode, mais aussi et surtout un modèle de courage et de résilience.

Devant la caméra de StyleLikeu, en 2018, elle revient sur le choc, mais aussi sur la façon dont ce dernier a changé sa vie en profondeur. Avant, Lauren Wasser arpentait les boîtes de nuit new-yorkaises. Depuis le jour de son SCT, sa vie a pris un autre tournant et est devenue beaucoup plus profonde.

Elle confie : “Je me réveille et je rêve de pouvoir sortir et courir un p*tain de marathon. Je ne peux plus penser à ce que j’avais avant. Je vais de l’avant. Je ne pense pas que je voudrais échanger mes expériences contre quelque chose d’autre. Mon coeur ne serait pas si plein et je ne me sentirais pas aussi bien.”

Alors, aujourd’hui, elle joue au basket et court. Pour ça, elle se considère comme “chanceuse”. Comme si elle oubliait que c’est grâce à elle-même qu’elle en est là.

Lauren Wasser theselect7.com

Photo : theselect7.com

Lauren Wasser milite encore pour une prévention du syndrome du choc toxique. Car bien que le nombre de cas soit faible (seulement 1% des personnes menstruées produisent la TSST-1), le SCT est potentiellement très grave, voire mortel.

Avec l’aide de Carolyn Maloney, membre du congrès américain, Lauren Wasser met tout en œuvre pour tirer la sonnette d’alarme sur les dangers des protections menstruelles internes. Carolyn Maloney se bat notamment pour faire passer le “Robin Danielson Feminine Hygiene Product Safety Act”, une loi visant à obliger les fabricants de produits d’hygiène féminine à être transparents sur leurs composants (par exemple, certains contiennent de la dioxine - aka des polluants organiques-, des pesticides, etc.).

Quand Carolyne Maloney a appris l’histoire de Lauren Wasser, elle a voulu la rencontrer et faire équipe avec elle, pour tenter de "déstigmatiser les problèmes des [personnes menstruées]”. Si la loi n’est toujours pas passée, les deux femmes ne baissent pas les bras. Pas la peine d’attendre que le Congrès réagisse pour protéger le maximum de personnes en réduisant le risque de SCT par la connaissance. C’est devenu la raison d’être de Lauren Wasser. Ses derniers mots pour Document Journal sont les suivants : “Il n’y a pas de raison que je sois encore là - médicalement, ou en général. C’est mon but.

C’est notamment grâce à Lauren Wasser que nous parlons du SCT aujourd’hui. Pour avoir plus d’informations et prendre soin de toi au mieux, n’hésite pas à lire, lire et relire notre article “Éviter le syndrome du choc toxique : les do’s et don'ts” !

📸 Photo de garde : Leonard Greco