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Combattons la précarité menstruelle !

Posté par Anaïs Koopman le
Combattons la précarité menstruelle !

Ça te dit quelque chose, la précarité menstruelle ? Chez Moodz, on a pensé que c’était un problème qui méritait d’être davantage mis en avant.

En deux mots, la précarité menstruelle, c’est “la difficulté ou le manque d'accès des personnes menstruées aux protections hygiéniques, par pauvreté”.

Et comme on peut s’en douter, ce fléau est encore plus important en cette période d’instabilité économique

Mais alors, comment est-ce possible, qu'aujourd'hui, 1,7 million de femmes manquent de protections hygiéniques en France (Ifop, 2019) ? Comment y remédier, à notre échelle ?

Pour commencer, en parler, c’est déjà avancer. Alors, à l’attaque.

État des lieux 👀

moodz culotte menstruelle

Photo : Twitter

Si tu es une personne menstruée, on ne t’apprend rien : avoir ses règles, ça coûte cher.
Sache qu'en 1 an, tu dépenses environ 120€ pour tes menstruations (soit environ 10€ par mois) et que tu devrais être réglée sur environ 39 ans.
Résultat : tu devrais dépenser autour de 4680€ dans ta vie en protections hygiéniques (et encore, on ne compte pas les anti-douleurs et compagnie).

Pas étonnant que tant de femmes soient en situation de précarité menstruelle !
Ce chiffre alarmant (1,7 millions en France, on ne le rappellera jamais assez) englobe les sans-abris, mais aussi les travailleuses précaires, les détenues et les étudiantes, puisque 270 000 étudiantes vivent sous le seuil de pauvreté (ce seuil est fixé à 1 063 euros par mois en France).

Et parmi ces femmes, “39% des plus précaires ne disposent pas de tampons ou de serviettes en quantité suffisante”, d’après Le Monde. Autrement dit, “1 femme sur 3 ne changerait pas de protection assez fréquemment”...
Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des femmes les plus dans le besoin ne dépasserait pas 180 euros par mois (hors loyer, crédits et alimentation).
Alors, certaines doivent parfois choisir entre se nourrir… et se protéger pendant leurs règles.


Malgré de nombreuses demandes et protestations (par exemple, en octobre 2019, l’association féministe Georgette Sand manifestait pour réclamer l’accès à des protections hygiéniques gratuites ou à prix coûtant pour toutes les détenues), beaucoup de femmes ont encore du mal à se procurer ne serait-ce que les protections les plus basiques (= des tampons et/ou serviettes hygiéniques).
Le fait est que les protections hygiéniques coûtent cher, notamment à cause de ce qu’on appelle la “taxe tampon”.

La “taxe tampon” 💸

moodz

Photo : @ivrenerose

Pour commencer, avant 2015, les protections hygiéniques n’étaient (même) pas considérées comme des produits de première nécessité (#NoComment).
Résultat : elles étaient taxées à 20%. Autrement dit, elles étaient encore plus chères qu’aujourd’hui.

Et pourtant, les règles sont loin d'être un choix : elles arrivent tous les mois dans la culottes des personnes menstruées. Qu'elles le veuillent, ou non.
Pour info, en France, on estime que les menstruations touchent environ 15,5 millions de femmes âgées entre 13 et 50 ans, d’après un rapport d’information sur les menstruations rendu par La Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes de l’Assemblée nationale (remis le 13 février 2020).

Marrant, donc, de sous-estimer l’importance de ces protections…
T’imagines la tête des sièges du métro, si les filles arrêtaient de se protéger ?
Si on joue sur les mots (#PremièreNécessité) il était temps que les décisionnaires prennent en compte le caractère NÉCESSAIRE des protections périodiques…

Bref. En décembre 2015, le Sénat a statué (contre l’avis du Gouvernement) : les protections hygiéniques ont été déclarées “produits de première nécessité”, au même titre que l’eau, les denrées alimentaires et et et… les préservatifs !
En conséquence, le 1er janvier 2016, la TVA sur ces produits est passée de 20% à 5,5%.

Et même si cette évolution est positive, on peut encore envier la prise de décision d’autres pays du monde.
Les tampons et les serviettes ne sont plus taxés du tout dans certains pays, tels que l’Australie, le Canada, l'Irlande, le Kenya et la Tanzanie !
L’Australie, par exemple, renonce ainsi à 18,5 millions d'euros de recettes fiscales par an.

Des exceptions à la “règle” 🩸

Deuxième victoire, en février 2020 : au-delà de la “taxe tampon”, une expérimentation a été annoncée par Marlène Schiappa (Ministre déléguée chargée de la Citoyenneté et ex-Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations) et Christelle Dubos (Ministère des Solidarités et de la Santé).

L'objectif ? Proposer gratuitement des distributeurs de protections hygiéniques (serviettes et tampons) dans plusieurs lieux collectifs, tels que les établissements scolaires, les hôpitaux et les prisons.
À la suite de ce “test”, le Gouvernement a annoncé la mise en place de la gratuité des protections hygiéniques pour certaines femmes (élèves, étudiantes, femmes détenues, femmes précaires et sans abri), dès septembre 2020.
Un million d'euros ont été débloqués pour la mise en action de cette décision.

Un problème d’hygiène et de santé 😔

Au-delà de l’accès aux protections périodiques, un problème d’hygiène menstruelle se pose, surtout pour les femme sans-abri.
En sachant, qu’environ “1 femme sur 3 ne change pas suffisamment de protection”, il y a là un enjeu d’inconfort et d’hygiène évidents, mais aussi et surtout un enjeu sanitaire.

Le syndrome du choc toxique est l’une des conséquences d’une mauvaise utilisation des dispositifs vaginaux = les tampons + les coupes menstruelles. C’est une maladie aiguë très grave, qui touche particulièrement les femmes jeunes, en bonne santé et porteuses de la bactérie S.Aureus a.k.a le staphylocoque doré (environ 1% des femmes).
Cette pathologie est notamment provoquée par le port d’un tampon ou d’une coupe menstruelle plus de 4 à 6h....

En même temps, difficile d'imaginer vivre dans la rue, et ne pas avoir accès à des toilettes propres et safe... sans pouvoir changer de tampon assez régulièrement (en partant du principe qu'on en aurais assez), ni vider et rincer sa cup (en partant du principe qu'on pourrais se le permettre), sans avoir accès à de l’eau, du savon et un minimum d’intimité ! 

Les femmes sans-abri représentent 40 % de la population française sans domicile. Et lorsqu’elles ont des protections jetables, elles ont du mal à “protéger leurs stocks de protections jetables de la pluie et de la poussière” (3)...

Le résultat de ce cocktail explosif (= protections périodiques trop coûteuses + manque de ressources annexes) ? Beaucoup d’entre elles se contentent de papier toilette récupéré dans des WC publics. Et encore, à condition que l’entrée dans les WC publics soit gratuite…

Comment aider à ton échelle ? 

moodz précarité menstruelle

Photo : Albert Facelly pour Libération

Heureusement, des femmes et des associations se battent contre la précarité, et pour aider les personnes concernées à accéder aux produits d’hygiène dont elles ont NÉCESSAIREMENT besoin.

Grâce à des assos comme Règles Élémentaires, tu peux faire des donations de serviettes hygiéniques principalement, mais aussi aider aux collectes de produits et à leur distribution lors de maraudes. En plus de permettre ce genre d’actions solidaires, les assos’ réclament encore plus de protections gratuites pour les plus précaires…. Affaire à suivre.

Chez Moodz, on a conscience qu’offrir des culottes menstruelles aux sans-abri ne sera (pour les raisons évoquées plus haut) pas forcément la meilleure solution
Du coup, à son lancement, 1% des bénéfices ont été reversés à l’association Care, une ONG de solidarité internationale qui défend notamment “les droits des femmes et leur autonomisation” et “lutte contre le tabou des règles” tous les jours.

Si tu es directement concernée par la précarité menstruelle, n’hésite pas à te tourner vers les associations qui pourront t’aider 🙏
D’ailleurs, on peut dire qu’on est tous.tes indirectement concerné.es : plus on sera nombreux.ses, plus vite on fera bouger la société !
Alors n’oublie pas de partager cet article, pour que la précarité menstruelle ne soit vite plus qu’un mauvais souvenir 💜

Éviter le syndrome du choc toxique : les do’s et don'ts

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